1918. Des esprits fortement piqués !
- 24 juil.
- 3 min de lecture
Pendant cet été, je m'octroie quelque repos, mais je m'occupe cependant de la commercialisation du futur prix Goncourt.. (LOL). J'ai nommé le déjà célèbre "DOUBLE JEU".
Pour ne pas vous abandonner, je vous propose de découvrir ou redécouvrir des articles de ce blog déjà parus en 2024.
A cette époque, il n’y avait pas de réseaux sociaux et de redoutables fake news. Et pourtant…
Dans le journal « Le Progrès du Finistère » du 13 avril 1918, on peut lire :
Oui, ma chère, j'ai vu la police en arrêter un auprès de la gare.
- Et mol j'en ai vu trois entre deux gendarmes.
- Qui ? Des piqueurs ?
- Oui, des gens qui piquent les enfants, les jeunes filles, pour leur inoculer le choléra, la peste, la tuberculose, la rage, la maladie du sommeil.
Et les langues marchent. Voilà, pour l'instant, le thème des conversations quimpéroises, aux Halles, chez la bouchère, chez la boulangère, un peu partout et, dorénavant, nous n'avons plus rien à envier à Nantes, à Saint-Nazaire, à Lorient, à Vannes, etc.
Quimper a donc ses piqueurs. Si habiles, qu'on ne sent pas leurs piqures. Ce n'est que par hasard qu'on voit perler soudainement, à la joue ou sur la main, des gouttelettes de sang vermeil.
Et tout Quimper s’affole. Les mamans et les bonnes d'enfants désertent le Parc, les allées de Locmaria et les autres buts de promenade.
Selon d’autres sources (rapport journalier du commissaire de police, lettres de lecteurs, etc…)

Mont Frugy. En contrebas, plateau de la Déesse devant la place du Champ de bataille
Le 9 avril 1918, vers une heure de l’après-midi, en bas du mont Frugy, l’agent de police Gaonac’h intervient pour protéger du public une religieuse que l’on accuse d’être un homme déguisé en femme et d’avoir déjà piqué plusieurs enfants.
C’est un espion, un piqueur, crient les exaltés.
Cette religieuse est la directrice de l’école de Poullan, inoffensive sœur de la congrégation du Saint-Esprit, qui a commis l’imprudence de se retirer sur un banc du plateau de la Déesse (en bas du mont Frugy) pour y prendre son repas. Elle s’est vue aussitôt signalée comme espion par une méchante tireuse de cartes qui, d’une maison voisine, l’a aperçue et a cru ainsi faire preuve d’extra lucidité !

Les sœurs du Saint-Esprit , appelées aussi les sœurs blanches
Tableau de Lucien Simon (1861-1945)
Afin de la soustraire aux coups, l’agent accompagne la religieuse jusqu’au bureau de police.
Extrait du courrier d’un lecteur quimpérois : Conclusion, sur le plateau de la Déesse -aussi appelé plateau de Bacchus- où nos ivrognes peuvent journellement, en toute sécurité, cuver leur alcool-, je demande que l’on place une pancarte avertissant les honnêtes gens qu’il est dangereux de s’y reposer.
Le lecteur conclut :
Je me refuse à croire aux hommes piqueurs. Mais après ce qui vient de se passer, force m’est d’ admettre qu’il existe des esprits fortement…piqués.
Il y a des gens dont l’intérêt est d’énerver le public et de lui faire oublier la ruée boche.
Si les articles de ce blog vous intéressent, vous apprécierez sûrement mon 11e livre :

Deux avis :
Serge Duigou, historien, dans la revue bigoudène CAP CAVAL
Cet ouvrage se lit comme un roman, mais c’est mieux qu’un roman, car tout est vrai dans ce récit qui, à chaque page, interpelle le lecteur.
Il faut lire et méditer DOUBLE JEU.
Hervé Jaouen, romancier bien connu :
Comme toujours, on est épaté par le résultat de vos recherches et votre talent pour en rendre compte de façon objective. Une fois de plus, bravo !




Ce n'est pas une foi mais deux fois que j'ai lu ce livre et la deuxièmes fois il m'a aussi plu beaucoup et je vais sans doute le lire une troisième foi !
Ancien chef d'entreprise ( qui existe toujours ) lors de la lecture de ce livre, je me suis souvent posé la question: qu'aurais je fait a la place de Mr Le Du si les allemands étaient arrivés dans mon entreprise pour m'informer que mon entreprise était réquisitionnée ?
Peut-être que j'aurais fait pareil, j'avais une femme et trois filles à la maison, je n'aurais pas eu du tout envie de me retrouver dans un camp en Allemagne !
Mais c'est certain à cette époque qui était plus…